Musée des Maisons comtoises Nancray exposition : un laboratoire du bâti rural franc-comtois
À Nancray, le musée des Maisons comtoises s’impose comme la référence pour comprendre l’architecture rurale franc-comtoise dans le Doubs. Sur quinze hectares de parc musée, trente cinq bâtiments authentiques déplacés pierre à pierre composent un paysage habité qui dépasse le simple décor et transforme chaque maison comtoise en document à ciel ouvert. Pour un voyageur qui vient de la ville de Besançon ou d’ailleurs en Franche-Comté, la visite du musée Maisons comtoises devient rapidement une clé de lecture du territoire plutôt qu’une étape de tourisme folklorique.
Le musée Maisons comtoises, souvent appelé musée Nancray par les habitants du Doubs, fonctionne comme un atlas en trois dimensions du bâti franc-comtois, des fermes à tuyé aux granges d’altitude. Chaque maison comtoise y est replacée dans son environnement de nature, avec jardins thématiques, vergers, parcelles de culture et animaux de ferme qui redonnent chair aux récits vivants des campagnes. Cette scénographie en plein air, renforcée par une programmation culturelle dense, fait du parc musée un outil de compréhension du paysage autant qu’un lieu de promenade, avec une adresse clairement identifiée (Rue du Musée, 25360 Nancray), des horaires d’ouverture saisonniers (généralement d’avril à début novembre, de la fin de matinée à la fin d’après-midi) et une billetterie adaptée aux familles, aux groupes scolaires et aux visiteurs individuels.
Dans ce contexte, la nouvelle exposition consacrée à l’inventaire photographique régional s’inscrit dans une stratégie claire de tourisme culturel exigeant. Le musée Maisons comtoises ne se contente pas de montrer des maisons ; il interroge ce que ces constructions comtoises disent de la société, de la transmission et des choix politiques à venir. Pour qui s’intéresse au patrimoine, le musée des Maisons comtoises de Nancray devient ainsi un poste d’observation privilégié des tensions entre conservation, transformation et abandon du bâti rural en Franche-Comté, en lien avec les travaux menés par le service de l’Inventaire du patrimoine culturel de la région Bourgogne-Franche-Comté et les acteurs locaux de la restauration.
Inventaire photographique et exposition : quand les fermes deviennent un dossier politique
L’exposition temporaire actuelle au musée des Maisons comtoises s’appuie sur une sélection de photographies issues de l’inventaire patrimonial régional, centrée sur l’architecture vernaculaire comtoise. Commandé par les services de l’inventaire de la région Bourgogne-Franche-Comté, ce travail photographique documente systématiquement fermes, granges, séchoirs à tabac et maisons comtoises encore en place dans les villages du Doubs et des départements voisins. À Nancray, ces images dialoguent avec les bâtiments du parc musée et transforment la promenade en enquête de terrain, prolongeant les bases de données publiques mises en ligne par la région et les fiches détaillées de l’inventaire.
Ce corpus ne protège pas tout, il ne sauve pas chaque maison comtoise ni chaque construction comtoise en péril, mais il crée une base de connaissances solide pour les élus, les architectes et les habitants. Les clichés exposés montrent autant de réussites de restauration que de situations d’abandon, et posent frontalement la question de la décision : qui tranche entre restaurer, transformer ou laisser disparaître une ferme franc-comtoise quand les usages agricoles se raréfient. Le visiteur, qu’il vienne pour un simple tourisme de proximité depuis la ville de Besançon ou pour un séjour plus long, se retrouve invité à prendre position, en confrontant les photographies de l’inventaire aux bâtiments reconstitués du parc musée et aux informations fournies par les médiateurs culturels.
Le musée Nancray accompagne cette exposition par des animations et des récits vivants menés par ses équipes, qui replacent chaque bâtiment dans une histoire sociale précise. On est loin d’un discours neutre sur le patrimoine ; la programmation culturelle assume un parti pris, celui d’un monde rural franc-comtois encore vivant mais en recomposition rapide. Pour prolonger la réflexion, le site Bourgogne-Franche-Comté Tourisme rappelle que « Du 01 avril 2025 au 02 novembre 2025. À Nancray, en Bourgogne-Franche-Comté, France. Léa Dhordain. », en mentionnant la période d’ouverture, le nom de la photographe associée à l’exposition et les liens avec l’inventaire photographique régional.
Trois bâtiments emblématiques, un débat ouvert et des adresses à trente kilomètres
Au cœur cette exposition au musée des Maisons comtoises, trois bâtiments emblématiques concentrent les enjeux du débat patrimonial. La grande ferme comtoise à tuyé, avec sa charpente massive et ses volumes de construction comtoise, raconte l’économie du bois et de l’élevage, mais aussi la difficulté à adapter ces maisons à des usages contemporains sans les dénaturer. Une grange en pierre sèche, plus modeste, illustre la fragilité d’un patrimoine vernaculaire souvent absent des protections officielles, alors qu’un ancien séchoir à tabac rappelle comment l’architecture suit les cycles économiques, puis les abandonne, comme le montrent les séries de l’inventaire photographique régional.
Autour de Nancray, dans un rayon de trente kilomètres, ces questions prennent une dimension très concrète pour le voyageur curieux. Plusieurs fermes ont été restaurées en gîtes, parfois avec une approche très respectueuse du bâti comtois, parfois avec des transformations plus radicales qui interrogent la frontière entre adaptation et pastiche. On trouve aussi des fromageries installées dans d’anciens séchoirs, où la réutilisation du volume d’origine dialogue avec une nouvelle fonction, offrant un terrain d’observation idéal pour qui veut lire l’architecture rurale comme un texte en mouvement, en complément de la visite du musée et des informations pratiques fournies par les offices de tourisme locaux.
Pour préparer un itinéraire, les ressources du Comité régional du tourisme Bourgogne-Franche-Comté et du site Bourgogne-Franche-Comté Tourisme permettent de repérer ces adresses discrètes, loin des circuits standardisés. Le musée des Maisons comtoises de Nancray devient alors le point de départ d’un voyage en étoile, où chaque maison comtoise rencontrée sur la route prolonge la visite du parc musée. Pas la carte postale, mais la lumière du matin sur la tuile vernissée, les horaires de visite à vérifier avant le départ et quelques chiffres de fréquentation qui rappellent que ce musée de plein air s’inscrit dans un réseau régional de sites patrimoniaux très fréquentés.