Forêts du Morvan et randonnées secrètes : poser le décor
Dans le Morvan, la randonnée commence souvent dans un silence presque liquide. Les forêts du Morvan en randonnée offrent un contraste rare entre vallées encaissées, lacs sombres et hameaux de granit, loin des foules qui saturent la Bourgogne viticole. Ici, le Parc naturel régional du Morvan coordonne forêts et sentiers de randonnée avec une précision discrète, en lien étroit avec les communes de la Nièvre, de l’Yonne et de la Saône-et-Loire.
Le massif reste modeste en altitude, mais ses sommets autour de 800 à 900 mètres, comme au mont Beuvray (environ 821 m selon l’IGN), suffisent à créer un véritable îlot climatique. Les forêts de feuillus alternent avec des parcelles de bois résineux, les chemins de randonnée glissent d’une vallée à l’autre, et les points de vue se méritent au prix d’un dénivelé moyen mais constant. On marche ici pour la lumière sur la tuile vernissée d’un village, pas pour cocher un circuit de plus sur une liste.
Le printemps, surtout entre mai et juin, est la saison la plus juste pour une randonnée dans ces forêts du Morvan. Les sentiers restent souples, les rivières Cure, Cousin et Yonne supérieure roulent encore une eau froide, et la fréquentation demeure raisonnable avant les vacances scolaires. La Fédération Française de la Randonnée Pédestre rappelle d’ailleurs que « le printemps et l'automne offrent des conditions idéales » pour profiter pleinement de ces randonnées en moyenne montagne douce.
Sur le terrain, la densité du maillage se mesure à la profusion d’itinéraires balisés recensés par les plateformes spécialisées et les topo-guides officiels. Chaque départ de randonnée raconte une économie locale en tension, entre bûcheronnage mécanisé, pisciculture en étang et tourisme rural qui cherche son équilibre. Le Parc naturel régional du Morvan mise sur ce tourisme vert pour valoriser le patrimoine naturel et encourager une activité physique accessible, loin du marketing tapageur.
Les forêts du Morvan en randonnée se lisent aussi comme un palimpseste social. Les anciennes routes forestières, ouvertes pour sortir le bois, servent aujourd’hui de chemin de liaison entre villages et lacs, tandis que les boucles balisées épousent d’anciens tracés de maquis. Le tour du lac des Settons ou la boucle du Maquis Bernard, très appréciés, ne sont que la partie visible d’un réseau où l’on peut encore marcher une demi-journée sans croiser plus de trois personnes.
Vallée de la Cure : forêts profondes, lacs retenus et saut du Gouloux
La première vallée à explorer pour une immersion dans les forêts du Morvan en randonnée reste celle de la Cure. Entre le lac des Settons et le village de Gouloux, la rivière se faufile dans une forêt de hêtres et de douglas, avec des dénivelés moyens autour de 250 à 350 mètres sur une demi-journée. Les randonneurs aguerris comme les débutants trouvent ici des circuits de randonnée lisibles, bien balisés par le Parc naturel régional du Morvan.
Un itinéraire emblématique part du hameau de Gouloux pour rejoindre le célèbre saut du Gouloux, cascade encaissée dans un couloir de granit moussu. Ce circuit de randonnée en boucle, d’environ 10 kilomètres (compter 3 h à 3 h 30 de marche selon les topo-guides locaux), suit d’abord un chemin forestier sur la rive gauche de la Cure, avant de plonger vers la chute d’eau puis de remonter par un bois plus clair. Le dénivelé reste modéré, mais les racines et pierres humides imposent de vraies chaussures de randonnée, surtout si l’on prolonge vers le lac des Settons.
Autour du lac des Settons, les forêts du Morvan en randonnée prennent une tonalité plus ouverte. Le tour du lac, très fréquenté en été, retrouve au printemps un rythme plus lent, idéal pour observer les rapaces qui longent la lisière de la forêt du Breuil ou de la forêt de Breuil-Chenue. Les chevreuils sortent volontiers en lisière au petit matin, tandis que les brochets chassent dans les anses calmes du lac, rappelant que la pisciculture locale reste un pilier discret de l’économie.
Depuis Montsauche-les-Settons, plusieurs départs de randonnée permettent de composer des boucles de moyenne distance. On peut par exemple combiner un circuit de randonnée autour du lac des Settons avec une incursion sur une ancienne route forestière, pour rejoindre un point de vue dégagé sur les monts du Morvan. Les offices de tourisme locaux proposent des cartes papier détaillées, et de nombreux randonneurs complètent désormais cette préparation avec des applications spécialisées permettant de suivre une trace GPS ou un fichier GPX téléchargé en amont.
Les acteurs du territoire observent une augmentation nette de l’utilisation de ces outils numériques, reflet d’un intérêt croissant pour le tourisme durable. Avant de partir, mieux vaut disposer d’un fichier GPX fiable pour chaque circuit de randonnée choisi, surtout si l’on s’éloigne des itinéraires les plus connus. Les conseils de base restent immuables : consulter la météo, prévoir de l’eau, adapter ses vêtements à une météo changeante, et respecter les zones de quiétude pour la faune.
Pour prolonger cette logique de marche lente en milieu aquatique, un détour vers le Jura voisin peut s’envisager. La marche vers les cascades du Hérisson, souvent présentée comme « la marche qu’on recommande à ceux qui croient déjà connaître le Jura » sur le site Bourgogne-Franche-Comté Tourisme, offre un contrepoint minéral et spectaculaire à la douceur forestière du Morvan. On reste dans la même culture de randonnée de moyenne montagne, mais avec une dramaturgie de l’eau plus affirmée.
Vallée du Cousin : maquis, dolmens et villages de granit
La vallée du Cousin, plus secrète, concentre ce que les forêts du Morvan en randonnée ont de plus intime. Entre Quarré-les-Tombes, Saint-Brisson et Château-Chinon, les chemins serpentent dans un bocage serré, ponctué de chaos granitiques et de dolmens oubliés. Ici, la randonnée épouse une histoire de maquis, de déportations et de résistances, que les sentiers balisés évoquent sans pathos mais avec précision.
Un itinéraire de demi-journée intéressant part de Quarré-les-Tombes pour rejoindre le dolmen de Chevresse, avant de redescendre vers la vallée du Cousin. La boucle, d’une douzaine de kilomètres (environ 4 heures de marche pour un randonneur moyen), alterne chemins creux, traversées de bois et sections de route forestière, avec un dénivelé moyen autour de 300 mètres. Les points de vue se gagnent au prix de montées brèves mais soutenues, notamment en arrivant sur les hauteurs qui dominent la vallée et la silhouette lointaine de Château-Chinon.
À Saint-Brisson, le Parc naturel régional du Morvan a installé sa Maison du Parc, véritable porte d’entrée sur les forêts du Morvan en randonnée. On y trouve des informations détaillées sur les circuits de randonnée, les niveaux de difficulté, les dénivelés moyens et les enjeux de gestion forestière. Les équipes rappellent que « le tour du lac des Settons et la boucle du Maquis Bernard sont très appréciés », mais encouragent aussi à explorer des chemins moins fréquentés le long du Cousin.
Depuis Saint-Brisson, un départ de randonnée permet de rejoindre la forêt de Breuil-Chenue, réserve biologique où la sylviculture intensive recule au profit d’une gestion plus douce. Les chemins y sont plus étroits, les bois plus anciens, et la faune plus présente, avec des sangliers qui labourent les sous-bois et des rapaces qui profitent des trouées. Les circuits de randonnée y sont parfois moins balisés, d’où l’intérêt de préparer son itinéraire en amont et de disposer d’une trace GPX avant de s’engager sur ces parcours plus sauvages.
Plus au sud, vers Montigny-en-Morvan et la commune de Saint-Agnan, les randonnées longent des lacs plus confidentiels et des étangs de pisciculture. On marche ici au rythme des camions de bois qui empruntent les routes forestières, rappelant que le bûcheronnage reste un pilier économique, même si les cours du bois fragilisent les petites exploitations. Certaines boucles de randonnée croisent d’anciennes voies de débardage, transformées en chemins de promenade, où l’on mesure concrètement la tension entre production et préservation.
Pour les marcheurs qui souhaitent prolonger cette immersion dans un autre vignoble de moyenne montagne, le Jura propose une expérience singulière. Le festival de randonnée Arbois-Poligny-Salins, présenté comme « quatre jours où le Jura marche au pas du vigneron », illustre une autre manière d’articuler randonnée, terroir et économie locale. Entre Morvan et Jura, se dessine une diagonale de marche où l’on passe des forêts profondes aux coteaux viticoles sans changer de tempo.
Vallée de l’Yonne supérieure : crêtes, mont Beuvray et horizons dégagés
La troisième vallée, celle de l’Yonne supérieure, offre une autre facette des forêts du Morvan en randonnée. Ici, les crêtes se font plus présentes, les horizons s’ouvrent, et les villages se perchent sur des éperons qui dominent les confluences. On quitte les fonds de vallée encaissés pour des itinéraires de moyenne montagne, où le vent nettoie les crêtes et où les points de vue se succèdent.
Autour du mont Beuvray, l’un des sommets emblématiques du Morvan, plusieurs circuits de randonnée permettent de composer une demi-journée exigeante mais accessible. Le dénivelé moyen tourne autour de 400 à 500 mètres, avec des montées régulières sur des chemins forestiers bien entretenus, puis des traversées de bois plus anciens. Les forêts du Morvan en randonnée prennent ici une dimension archéologique, avec la présence du site de Bibracte, ancienne capitale gauloise, qui structure le paysage autant que la mémoire.
Depuis certains départs de randonnée situés sur la rive gauche de l’Yonne supérieure, on peut tracer des boucles qui combinent crêtes, vallons et sections de route forestière. Ces circuits de randonnée, souvent moins fréquentés que ceux du lac des Settons, permettent de mesurer la diversité des bois du Morvan, entre plantations de douglas et reliquats de hêtraies anciennes. Les gestionnaires du Parc naturel régional du Morvan expérimentent ici des modes de sylviculture plus respectueux, qui laissent davantage de bois mort au sol pour favoriser la biodiversité.
Les randonneurs attentifs y croisent fréquemment chevreuils et sangliers, surtout en début ou fin de journée, ainsi que des rapaces qui profitent des ascendances le long des crêtes. Dans les rivières et les lacs de barrage en contrebas, les brochets témoignent de la vitalité des milieux aquatiques, soutenue par une pisciculture locale qui résiste encore. Les forêts du Morvan en randonnée ne sont pas un décor figé, mais un système vivant où chaque activité économique laisse une empreinte visible sur les chemins.
Plus au nord, vers la limite avec l’Yonne et la Loire, certains itinéraires jouent avec les frontières administratives. On passe d’un département à l’autre en suivant un simple chemin creux, sans autre signal que le changement de style des murets ou des toits. Pour le voyageur qui cherche à voyager en Bourgogne-Franche-Comté sans céder au tourisme de masse, ces randonnées transversales offrent une lecture fine des paysages, loin des circuits attendus.
Les offices de tourisme locaux, en lien avec la Fédération Française de la Randonnée Pédestre, proposent des topo-guides détaillés pour ces secteurs de l’Yonne supérieure. Il reste pertinent de télécharger les traces GPX associées à chaque circuit de randonnée, surtout lorsque la météo se dégrade ou que le balisage se fait plus discret. Dans ces vallées, une erreur de direction peut rallonger la boucle de plusieurs kilomètres, ce qui n’est pas anodin lorsque l’on marche avec un dénivelé moyen déjà conséquent.
Pratique du slow travel : hébergements, saisons et conseils de terrain
Voyager dans les forêts du Morvan en randonnée impose un autre rapport au temps. Le slow travel prend ici un sens concret, entre auberges de pays, gîtes communaux et chambres d’hôtes tenues par des habitants qui vivent réellement du territoire. Trois types d’hébergements se détachent pour un voyageur exigeant qui cherche à voyager en Bourgogne-Franche-Comté sans renoncer au confort.
Autour du lac des Settons, quelques auberges de pays, souvent installées dans d’anciennes maisons de granit, accueillent les randonneurs qui bouclent le tour du lac ou un circuit plus long vers Montsauche-les-Settons. Dans la vallée du Cousin, des chambres d’hôtes à Quarré-les-Tombes ou près de Saint-Brisson offrent un accès direct aux départs de randonnée, avec parfois un service de transfert pour éviter les allers-retours en voiture. Plus au sud, vers Château-Chinon ou Montigny-en-Morvan, des gîtes ruraux permettent de rayonner sur plusieurs vallées, en combinant randonnées en forêt de Breuil-Chenue et balades plus douces le long des lacs.
La meilleure période pour profiter pleinement des forêts du Morvan en randonnée reste le printemps, en particulier mai et juin. Les sentiers sont alors moins fréquentés, les hébergements plus disponibles, et la faune plus visible en lisière de bois ou le long des chemins. L’été concentre une fréquentation plus familiale autour des lacs, tandis que l’automne attire les amateurs de couleurs et de champignons, sur des circuits de randonnée parfois glissants mais superbes.
Sur le plan pratique, la montée en puissance des applications de randonnée a changé la manière de préparer un séjour. Les randonneurs téléchargent désormais les traces GPX avant de partir, vérifient les dénivelés moyens, la longueur des boucles et la nature des chemins, puis ajustent leur équipement en conséquence. Les conseils de base restent pourtant les mêmes : porter des vêtements adaptés, prévoir suffisamment d’eau, consulter la météo avant le départ, et informer quelqu’un de son itinéraire lorsque l’on s’éloigne des circuits les plus fréquentés.
Pour un voyageur urbain fatigué du tourisme de masse, ces forêts du Morvan en randonnée offrent une alternative crédible aux grands itinéraires cyclables comme l’EuroVelo 6 ou la Voie Bleue. On peut combiner quelques jours de marche dans le Morvan avec une étape le long de la Saône-et-Loire ou de la Loire, en jouant sur les correspondances ferroviaires et les hébergements de petite capacité. L’essentiel reste de garder un rythme de moyenne distance, qui laisse du temps pour parler avec les habitants, observer les pratiques de bûcheronnage ou de pisciculture, et comprendre ce qui s’effondre et ce qui résiste.
Au final, marcher dans les forêts du Morvan en randonnée, c’est accepter une forme de dépouillement. Peu de boutiques, peu de signalétique spectaculaire, mais une densité de chemins, de lacs et de bois qui se révèle à qui prend le temps de lire la carte. Pas la carte postale, mais la lumière du matin sur la tuile vernissée.
FAQ sur les forêts du Morvan et la randonnée
Quels sont les sentiers de randonnée les plus populaires dans le Morvan ?
Les sentiers les plus populaires incluent le tour du lac des Settons et la boucle du Maquis Bernard, tous deux bien balisés et adaptés à un large public. Le tour du lac des Settons propose une immersion douce entre eau et forêt, tandis que la boucle du Maquis Bernard met davantage l’accent sur l’histoire locale de la Résistance. Ces itinéraires constituent d’excellents points de départ avant d’explorer des circuits plus confidentiels dans les vallées de la Cure, du Cousin ou de l’Yonne supérieure.
La randonnée dans le Morvan convient-elle aux débutants ?
Une grande partie des sentiers de randonnée du Morvan convient aux débutants, grâce à des dénivelés moyens modérés et à un balisage clair. De nombreux circuits en boucle autour des lacs ou sur les plateaux permettent de marcher entre 2 et 4 heures sans difficulté technique majeure. Il reste toutefois important de choisir un itinéraire adapté à sa condition physique et de se renseigner auprès des offices de tourisme ou du Parc naturel régional du Morvan.
Quelle est la meilleure période pour randonner dans les forêts du Morvan ?
Le printemps et l’automne offrent les conditions les plus agréables pour randonner dans les forêts du Morvan. Entre mai et juin, les sentiers sont moins fréquentés, la végétation est dense sans être étouffante, et les températures restent modérées. L’automne apporte des couleurs spectaculaires, mais impose davantage de vigilance sur les chemins humides et les journées plus courtes.
Quels équipements sont recommandés pour une randonnée dans le Morvan ?
Pour une randonnée dans le Morvan, il est recommandé de porter de bonnes chaussures de randonnée, d’emporter une carte ou une application avec trace GPX, et de prévoir des vêtements adaptés à une météo changeante. Une réserve d’eau suffisante, une protection contre la pluie et le soleil, ainsi qu’une petite trousse de premiers secours complètent l’équipement de base. Pour les circuits plus longs ou isolés, informer un proche de son itinéraire reste une précaution simple mais essentielle.
Comment accéder aux principaux départs de randonnée dans le Morvan ?
Les principaux départs de randonnée se situent près des villages et des lacs, comme Montsauche-les-Settons, Gouloux, Quarré-les-Tombes, Saint-Brisson ou Château-Chinon. L’accès se fait principalement en voiture, via un réseau de routes départementales qui traversent la Nièvre, l’Yonne et la Saône-et-Loire. Les transports en commun existent mais restent limités, ce qui renforce l’intérêt de regrouper plusieurs randonnées autour d’un même hébergement pour limiter les déplacements motorisés.