L'auberge de la Loue où Charles Ritz posait sa canne
La Loue est une rivière de pêcheurs, et Chenecey-Buillon en est l'une des adresses. Chez Gervais s'y tient depuis plusieurs générations, assez longtemps pour avoir vu défiler les plus grands lanceurs à la mouche, réunis ici au moment de l'éclosion des petites mouches grises. Charles Ritz y était un habitué. Edgar Faure y avait sa place. Michel Gervais, dernier cuisinier de la famille en activité, avait appris chez Ritz à Paris. La maison a depuis été reprise et restaurée de fond en comble, toiture, foyer, chauffage, isolation et terrasse, avec un concours de la région. Elle a gardé sa terrasse sur l'eau.
Pourquoi cette adresse fonctionne
Trois raisons. La première est cette histoire, qui n'est pas un argument de plaquette : elle explique la cuisine, la clientèle de pêcheurs et la façon dont la maison regarde la rivière. La deuxième est la rénovation, menée pour ramener le bâtiment au niveau d'un quatre étoiles de 1935, avec des salles de bains en marbre et des volumes que l'on ne construit plus. La troisième est la table, qui a gardé ses classiques de Franche-Comté au lieu de les lisser pour suivre la mode.
Pourquoi cet emplacement
On est dans la vallée de la Loue, au sud-ouest de Besançon, dans un village posé sur la rivière. La terrasse donne directement sur l'eau, et c'est l'essentiel du lieu : on y déjeune au bruit du courant. La pêche à la mouche se pratique sur place, et la vallée se remonte vers Ornans et les falaises qui ont fait la peinture de Courbet. La saline royale d'Arc-et-Senans, classée à l'UNESCO, est dans le même rayon. Quingey, dont dépend l'adresse postale, est à deux pas.
L'essentiel en bref
Prix : €€€
Ambiance : auberge de rivière, institution, pêche à la mouche
Chambres : dix chambres de vingt-deux à trente-trois mètres carrés, plafonds de plus de quatre mètres, salles de bains en marbre
Idéal pour : pêcheurs à la mouche, amateurs de cuisine régionale, escapades dans la vallée de la Loue
Ce que nous préférons ici : la terrasse posée sur l'eau, là où Charles Ritz venait lancer
Table : poissons de rivière, croûte forestière aux champignons, volaille fermière aux morilles, truite au vin jaune
Équipements : terrasse au bord de la rivière, bar, jardin, lits bébé gratuits, trois chambres avec baignoire
À voir aux alentours : vallée de la Loue, Ornans et le pays de Courbet, saline royale d'Arc-et-Senans, Besançon
Une cuisine de rivière et de sous-bois
La carte est un inventaire de Franche-Comté. Les poissons viennent de la rivière, sandre, brochet et chevesne, et la truite se sert au vin jaune. À côté, les classiques tiennent bon : foie gras, pieds de porc croustillants, croûte forestière aux champignons, volaille fermière aux morilles, lièvre farci, et un cœur coulant au chocolat pour finir. La maison parle d'une cuisine simple faite de produits frais, ce qui est exactement ce que l'on vient chercher. Le service a lieu midi et soir, jusqu'à 21 heures.
Dix chambres côté Loue, quatre mètres de plafond
Les chambres sont la surprise de la maison. Dix en tout, de vingt-deux à trente-trois mètres carrés, avec des plafonds de plus de quatre mètres et des salles de bains en marbre à grandes douches ; trois disposent d'une baignoire. Lits king-size ou lits simples selon les configurations, et les chambres historiques, celles où dormait Charles Ritz, sont tournées vers la rivière. Il n'y a ni minibar ni service en chambre, et la télévision se demande : le parti pris est assumé et cohérent.
Ce qu'il faut savoir avant de réserver
Le restaurant ferme le lundi soir, ainsi que le mardi et le mercredi toute la journée : à vérifier avant de caler un séjour, car la table fait une bonne part de l'intérêt. L'arrivée se fait à partir de 15 heures et jusqu'à 22 heures, le départ avant 11 heures. L'accès se fait exclusivement par les escaliers, la maison n'est donc pas praticable en fauteuil. Les enfants sont accueillis, avec menus et lits bébé gratuits ; les animaux ne sont pas acceptés.